Réforme des retraites
Certaines mesures seront très pénalisantes
Avec le recul de l'âge d'ouverture des droits à la retraite et de la limite d'âge, la réforme des retraites 2010 a planté un nouveau décor marqué par des mesures très pénalisantes pour les salariés, en particulier les agents des trois fonctions publiques.
L'exemple de l'alignement du mode de calcul du minimum garanti de la fonction publique sur celui du privé est particulièrement dramatique. Car une majorité d'agents sera dans la plus grande précarité pendant leur retraite. Rappelons qu'un fonctionnaire territorial sur deux perçoit cette pension minimale lorsqu'il part à la retraite !
Aussi, en la soumettant à des conditions plus restrictives (durées de cotisation, âge, montant des autres pensions personnelles), un coup dur est porté aux agents. D'abord au titre des pensions publiques mais aussi pour celles allouées aux agents polypensionnés (agents ayant exercé quelques années dans le privé et le reste de leur carrière dans le public).
POLYPENSIONNES
Ainsi, un agent qui aura validé 18 trimestres dans le privé, ne touchera au final que 67 euros bruts par mois (15 euros pour 10 trimestres cotisés + le minimum contributif de 52 euros), en plus de sa pension CNRACL.
Un autre qui aura travaillé 42 trimestres dans le privé, dont 25 cotisés, percevra 164 euros de pensions (81 euros + 83 euros bruts mensuels (27 euros + 59 euros de minimum contributif) pour sa carrière privé.
Dans ces trois cas, les agents bénéficient encore du minimum contributif. Mais celui-ci sera prochainement réduit ou supprimé à partir d'un certain seuil de pension (non encore défini par décret). Et, il ne sera plus possible de cumuler deux minima ! D'autre part, le minimum contributif se sera attribué à compter du 1er juillet 2012 qu'après liquidation de la totalité des retraites, tous régimes confondus.
Autant dire que les polypensionnés, qui sont légions dans les collectivités, seront particulièrement pénalisés par la réforme des retraites.
DES CENTAINES DE FEMMES MISES A LA PORTE
Autre mesure, tout aussi pénalisante, particulièrement pour les femmes : la suppression du départ anticipé des fonctionnaires parents de trois enfants. Cette suppression expéditive n'aura laissé que très peu de temps aux mères pour exercer leur droit à départ anticipé dans les conditions antérieures.
Résultat : la révision du mode de calcul en 2011 a contraint une majorité d'agents concernés à faire leur demande de liquidation de leur pension au plus tard le 31 décembre dernier (pour un départ effectif au plus tard le 1er juillet prochain). Cela afin de ne pas être pénalisés financièrement.
Ainsi, des centaines de femmes ont été poussées à la porte de la fonction publique. Ces nombreux départs "souhaités" par le gouvernement dans le cadre de la réduction des effectifs ne manqueront pas de nuire à la qualité du service public.
Et ne parlons pas de la mesure mesquine qui met fin à la possibilité de partir en cours de mois avec un salaire complet pour le mois donné. Cette mesure héritée de la réforme Fillon de 2003 sur les retraites (le versement de la pension ne débutant que le 1er du mois suivant) vient donc d'être annulée. A compter du 1er juin prochain, les jours entre votre départ effectif et la fin du mois ne seront plus rémunérés. Pour conservcer leur dernier salaire en intégralité, les fonctionnaires devront maintenant par le 1er du mois...
(source : La Voix - n° 315 - janvier-février-mars 2011 - FNACT/CFTC)